#MeToo : le veritable impact après le buzz

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Photo CC par Mihai Surdu via Unsplash 

Bouleversés le mois dernier par la campagne #MeToo, les réseaux sociaux ont démontré l’importance de donner la voix aux victmes de harcèlement sexuel. Après l’ouverture de ce débat mettant en évidence l’ampleur du problème, il est flagrant que la lutte contre les agressions sexuelles n’est pas encore gagnée. Que doit-on faire pour combattre ce fléau ?

Suite à l’exposition médiatique de l’affaire Harvey Weinstein, la récente campagne #MeToo, déclenchée par la star hollywoodienne Alyssa Milano, a exposé la dimension d’un problème auquel on se doit de faire face. Sur Twitter, des femmes, mais aussi des hommes, ont déclaré avoir subi des agressions sexuelles.

Cette mobilisation répresente une évolution de la manière dont le sujet est abordé, car fréquemment les victimes d’agressions sexuelles sombrent dans leur silence. Par peur d’être jugées, par honte ou paralysées par la culbabilité, ces victimes préférent se taire. Parler de harcèlement et d’agressions sexuelles est tabou. Pour cette raison, cette blogueuse estime la campagne encourageante.

« Les gens considèrent le sujet désagréable », affirme Lindsey Weedston, américaine auteure du blog « Not sorry feminism ».

En revanche, Lindsey Weedston mesure que la plupart des femmes qui se sont manifestées sont blanches et aisées et que pour les personnes défavorisées, sortir du silence est encore risqué. Le contexte socio-économique ou l’origine ethnique de la victime de harcèlement et d’agressions sexuelles peut aggraver sa situation. Obtenir du soutien et pouvoir mener une poursuite pénale ne sont pas toujours des recours à portée de main.

Victimes discréditées

Une autre difficulté à laquelle les victimes d’agressions font face est le discrédit.  Débora Albarello, brésilienne membre de l’ONG féministe Think OLGA, explique :

 « Nous pouvons voir ce discrédit lorsque nous regardons des commentaires en ligne où les gens remettent en question la véracité et la profondeur des faits. Ils prétendent que ces femmes exagèrent ou mentent. Nous devons parler de harcèlement sexuel pour mettre la lumière sur ce problème majeur dans la vie des femmes. »

« Ce n’est pas si grave ». Il y a ceux qui disent que ce qui est considéré comme du harcèlement sexuel n’est en fait que de simples  « compliments » ou « une forme de drague ». Plus fréquente que ce que l’on pense, cette pensée est un réflexe de la « culture du viol ».

Banalisés, voire tolerés, le harcèlement et les agressions sexuelles ont été considerés pendant longtemps comme une chose « normale ».  Pour Gloria Steinem, icône féministe des années 60, le harcèlement était perçu comme une « chose d’homme » qui ne pouvait pas être contrôlée.

L’éducation est essentielle

Sensibilisation, c’est le mot d’ordre pour Débora Albarello.

« Plus les femmes connaissent leurs droits et les oppressions qu’elles vivent, plus elles peuvent lutter contre. L’information et l’éducation sont essentielles pour lutter contre les problèmes de genre parce qu’ils sont structurels. Ils ne concernent pas seulement les individus. »

Certes, la campagne #MeToo a ramené le sujet à la surface, mais elle ne correspond pas à la réalité de la plupart des situations de harcèlement et d’agressions sexuelles. V.F, français agé de 35 ans et directeur industriel est assertif :

« La culture du viol est un problème que nous devons combattre. Nous devons travailler sur l’éducation des hommes. »

Pour lui, il est toujours compliqué de parler de ce problème au travail.

« Les grandes entreprises travaillent aujourd’hui sur des risques psychologiques tels que la dépression ou l’épuisement professionnel, mais le harcèlement sexuel est toujours quelque chose dont ils ne parlent pas. »

Aux États-Unis, bien que le harcèlement au travail puisse être illégal il est traité plutôt comme un conflit interne que comme un crime, précise Lindsey Weedston.

Le #MeToo n’est qu’un départ. Des événements de cette ampleur changent la société. En 2012, les recherches concernant le harcèlement au Brésil n’abordeaient pas le harcèlement sur les espaces publics. Cependant, la campagne Chega de Fiu Fiu (Ça suffit de siffler), créée en 2013 pour sensibiliser le public au harcèlement sexuel dans les espaces publics, a changé ce contexte, attirant même le regard des autorités publiques.

Combattre un problème de telle dimension n’est pas mince affaire. Persister est autant indispensable qu’éduquer. Enseignons à nos enfants le consentement et le respect, encourageons les femmes à abandonner le silence. Soutenons les victimes pour qu’elles ne subissent plus jamais les agresseurs. L’oppression, ça suffit.

Français

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Atipique. Rêveuse. Curieuse. Bavarde. Fascinée par l'exotisme. Passionnée de l'art, de la vie et de ses nuances. Pensive. Chanteuse (sous la douche). Citoyenne du monde. Mon rêve : être poliglote. Fan de culture d'enciclopédie et jardinière de temps en temps.

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