Publié dans Français

Les violences faites aux femmes : les chiffres montrent que l’on est encore loin de résoudre ce problème

Les chiffres sont étonnants. En France, en moyenne 225 000  femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du couple, c’est ce que dit l’ênquete « Cadre de vie et sécurité », réalisée par l’INSEE-ONDRP entre 2012 et 2017. En ce qui concerne les violences sexuelles, 84 000 femmes par an sont victimes de viol et de tentatives de viol. L’agresseur, dans 45% des cas, est le partenaire ou l’ex-partenaire.

Ces chiffres, sont détaillés sur le site stop-violences-femmes, une initiative du Secrétariat d’État en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, avec le soutien de la Comission Européenne. Au délà de diffuser les résultats d’enquêtes et d’études sur les violences faites aux femmes, ce site offre principalement de l’aide aux victimes, qui peuvent obtenir des informations utiles comme la localisation des associations de soutien, à qui s’adresser en cas d’agression et les números d’écoute, d’information et d’orientation.  Le numéro national, 39 19 (Violences Femmes Info), anonyme et gratuit, propose un service spécialisé d’écoute et de traitement des demandes concernantes les violences conjugales. Pour les autres types de violences, une orientation adaptée est garantie.

000
Infographie réalisée par Ylessa Stephanie Oliveira via Piktochart

Dans ce qui concerne les violences sexuelles, l’INED a effectuée en 2016  l’enquête « Violences et rapports de genre » (VIRAGE) pour estimer le pourcentage de femmes et d’hommes ayant subi des agressions. La violence sexuelle a touché environt 5 millions de femmes en France. Cela dit, comme une grande partie de victimes de ce genre de violence n’ose pas dénoncer, ce nombre reste approximatif.

001
Infographie réalisée par Ylessa Stephanie Oliveira via Piktochart

Source: Les chiffres de référence sur les violences faites aux femmesstop-violences-femmes.gouv.fr et Bilan démographique 2016, INSEE

 

 

Publicités
Publié dans Français

Cause we’ll always have Paris

Paris n’est pas une ville, Paris est une poésie. Voici un simple manifeste d’amour pour ma ville préférée. Publication disponible en portugais.

LUMINEUX. C’est ce que j’ai pensé quand j’ai vu Paris pour la première fois de ma vie. La première fois en chair et en os car j’avais déjà visité la capitale française de bien d’autres manières, à travers le cinéma, la musique, la littérature et même dans les rêves, si bien qu’il était impossible de nier la sensation de déjà vu. Je suis arrivée à Paris en taxi de l’aéroport d’Orly. C’était en décembre, précisément le 23 décembre 2015, la veille de Noël. J’étais complètement absorbée par ce moment qui a marqué ma mémoire à jamais. Difficile de décrire le sentiment que j’ai éprouvé, mais tout semblait sublime: le froid du début de l’hiver (ma saison préférée), le « vous-allez où madame? » du chauffeur de taxi, la radio française qu’il écoutait en chemin, les immeubles haussmanniens qui défilaient par la fenêtre et surtout la vue de la Tour Eiffel qui me semblait si familière. C’était comme si je l’avais connue depuis toujours.

Lire la suite de « Cause we’ll always have Paris »

Publié dans Français

Serge Gainsbourg, la vie et le « je ne sais quoi »

Texte originalement publié en portugais le 10 juin 2016 dans mon ancien blog « C’est parti ».

Je ne sais quoi. C’est une expression française que j’adore, surtout, parce qu’elle est aussi utilisée en portugais, mais à la française. On sort au milieu d’une phrase l’expression en français. Ça m’a toujours fait sourire, même avant que j’apprenne le français. Ce que j’adore c’est son pouvoir de synthèse et sa capacité à dire l’indicible. « Je ne sais quoi » on l’utilise quand on veut dire qu’il y a quelque chose qui n’est pas comprise, mais quelque chose de bien, un plus inexplicable :

« Cette actrice est très talentueuse.  Elle a un je ne sais quoi. Elle m’enchante. »

« Serge Gainsbourg n’était pas beau, mais il avait un je ne sais quoi qui le rendait très attirant. »

img_5432
Serge Gainsbourg et son « je ne sais quoi » – Photo via Flickr

Quand on dit qu’une personne a un « je ne sais quoi », on parle d’une aura lumineuse, d’un charme, d’une magie, d’un mystère, de quelque chose impossible à expliquer, à traduire ou à définir avec exatitude. On l’utilise aussi l’expression pour faire référence à quelque chose d’inanimé, comme une ville. Paris a un « je ne sais quoi ». Rio de Janeiro a un je ne sais quoi.

Je sens que l’existence a un « je ne sais quoi ». En fait, la vie est un grand « je ne sais quoi ». On ne la comprend pas, mais elle a quelque chose d’inexplicablement bon et attrayant, malgré les éventuels chagrins. Parmi toutes les difficultés inhérentes à l’existence, on trouve de la magie, de la soif, des pulsions positives. Comme si la vie était une pierre brute, une émeraude. Mais il est impossible de savoir qu’il s’agit d’une pierre précieuse, car on voit cette pierre brute, encore sale et poussièreuse. Simplement, on reste immobile devant elle, sans savoir exactement pourquoi.

Je suis dans un moment comme celui-là. Un moment « je ne sais quoi ». Il se passe quelque chose de bon, d’attrayant et de magique, mais je n’arrive pas à savoir ce que c’est. Il y a beaucoup à savoir, mais il y a si peu, si peu de compréhension.

 

Publié dans Français

Jeune fille au pair en France : échange culturel ou exploitation ?

photo-1494552703871-d0a672ff49af
Photo CC par Jad Limcaco via Unsplash

Faire un séjour en France, apprendre la langue française en immersion et connaître la culture du pays au sein d’une famille d’accueil. Devenir jeune fille/garçon au pair semble être une opportunité de vivre une agréable expérience d’échange culturel. La promesse d’être pris en charge ayant comme contrepartie la participation aux tâches familiales courantes fait briller les yeux de miliers des jeunes étrangers. Cependant, la réalité n’est pas toujours rose. Certaines familles voient le jeune au pair comme un employé à bas coût. Un cauchemar auquel ces jeunes ne s’attendaient pas. Lire la suite de « Jeune fille au pair en France : échange culturel ou exploitation ? »

Publié dans Français

On ressent le manque beaucoup plus intensément que l’on ressent le plaisir de la présence, de la satisfaction, de l’épanouissement

felix-russell-saw-251617
Photo CC par Felix Russel-Saw via Unsplash

Aujourd’hui, je voulais souffrir. Non, non. Cette envie n’est pas apparue à cause de troubles psychologiques ni à cause d’un quelconque masochisme que je pourrais avoir. Cela peut sembler vraiment étrange, surtout dans ces jours d’acclamation du bonheur, lequel se produit parfois au prix de sensations frivoles, forcées ou superficielles. Alors je dois et je peux m’expliquer.

Pour être honnête, j’avoue que je me sentais bien, mais que quelque chose n’allait pas. Le pire c’est qu’il était prévisible que cette chose allait mal se passer. Mais quand la prévision est devenue un fait, le coeur n’était pas préparé. Puis j’ai souffert. Et je me suis rendu compte que même si je souffrais, j’étais heureuse. J’ai rencontré une vieille amie dont je ressentais déjà le manque et qui ne m’avait pas rendu visite depuis un certain temps. Et je confesse : elle m’avait manqué.

Chère tristesse, même souffrant de ta présence, je suis heureuse. Heureuse de cette recontre, car cettte mélancolie me manquait. Cette petite douleur brûlante que seulement toi peut m’apporter et qui me fait réfléchir. Réfléchir, contempler, soupirer, désirer… Je sais. Nous sommes bien d’accord : aucune souffrance n’est nécessaire pour que quelqu’un puisse s’arrêter et réfléchir à propos de sa propre vie, mais il est bien connu que nous ne réflechissons pas dans la gloire. Humains : éternellement en conflit, perdus dans leurs angoisses et guidés par des désirs qui ne doivent pas être satisfaits si nous comptons préserver notre équilibre.

Mes chers, y a-t-il quelque chose de plus authentique que la douleur? Si cette chose existe, elle n’a certainement pas la même valeur pour nos coeurs insensés. Impressionnant que lorsque vous détenez quelque chose, sa valeur n’est jamais trop grande, mais laissez-la partir et vous allez voir la déchirure dans vos poitrines. On ressent le manque beaucoup plus intensément que nous ressentons la joie de la présence, de la satisfaction, de l’épanouissement.

Et s’il n’y avait plus de douleur? Et s’il n’y avait plus de larmes? Et si notre poitrine ne brûlait jamais? Dieu me protège de vivre sans souffrir. Dieu vous protège aussi. C’est dans le chaos que l’on crée. Donnez à un homme tout ce qu’il a toujours voulu et le pauvre sera condamné à la stérilité du non-désir. Le malheureux « heureux » vivrait dans un bonheur constant, fade et inchangé, qui apportera évidemment très peu de bonheur. Cesse l’homme d’exister quand il n’y a plus rien à désirer.

La plénitude n’est pas humaine. La satisfaction encore moins. Cliché, non? Mais c’est grâce aux manques, aux absences et aux pertes que les moments de satisfaction ou d’accomplissement sont si précieux. Quelle valeur aurait un verre d’eau froide au milieu d’un étoufant après-midi d’été si nous n’avions pas soif? Sans doute, la valeur ne serait pas la même.

On dit que quand les dieux veulent nous punir, ils sont cruels : Ils nous concèdent tout ce que nous désirons. Et s’il y a plus rien à désirer, tout ce qui était si cher devient progressivement insignifiant.

Je vous confesse : parfois j’arrive à remercier cette tristesse qui vient me fustiger. Les rêves jamais réalisés nous offrent un plaisir particulier. Ils auraient pu aboutir, mais ce n’est pas le cas. Et si le manque de quelqu’un me tourmente, je sais que le non-manque serait bien pire. Courageusement je dis à la douleur d’entrer sans frapper, de venir quand elle le souhaite et de dévoiler toute sa beauté singulière.

Indéniable que sans la douleur les plus beaux poèmes et les plus bouleversantes lettres d’amour n’auraient pas été écrites, et qu’il n’y aurait pas autant de belles chansons. Que serait-ce « ne me quitte pas » sans la douleur lancinante de Brel  torturé par les « heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi le cœur du bonheur » ?

La douleur a ses avantages. Rien n’est craint en elle. Devant la douleur tout est vu et rien n’est attendu. On ne ne craint plus la disparition du bonheur. Rien n’est plus angoissante que la peur de perdre ce que l’on n’est pas en mesure de contrôler. Laissez-la s’évader goutte à goutte jusqu’à sa fin. La douleur n’est pas durable. Alors je m’octroie le droit de fondre en larmes. Au son ou en compagnie de quiconque ayant une poitrine aussi déchirée que la mienne.

 

Publié dans Français

#MeToo : le veritable impact après le buzz

mihai-surdu-415698
Photo CC par Mihai Surdu via Unsplash 

Bouleversés le mois dernier par la campagne #MeToo, les réseaux sociaux ont démontré l’importance de donner la voix aux victmes de harcèlement sexuel. Après l’ouverture de ce débat mettant en évidence l’ampleur du problème, il est flagrant que la lutte contre les agressions sexuelles n’est pas encore gagnée. Que doit-on faire pour combattre ce fléau ?

Lire la suite de « #MeToo : le veritable impact après le buzz »

Publié dans Français

Un jour j’aurai une vieille voiture

photo-1473760737694-97af167fe924
Photo CC par Clem Onojeghuo via Unsplash

Un jour j’aurai une vielle voiture. Une Ford Mustang 1966 ou une Alfa Romeo Spider de la même année. Avec un peu de chance, une Porsche 356 1955, décapotable. Grise. Grise non. Argentée. Et si mes moyens ne me permettent pas, une coccinnelle crème (et décapotable, bien sûr) me suffira parfaitement. L’essentiel : qu’elle soit décapotable. Et vieille. Peu importe le modèle et encore moins les moyens que j’aurai pour l’acheter. En réalité, quand on a une vieille voiture, les moyens financiers que l’on possède (ou pas) ne sont pas importants.

Quand on a une vieille voiture, tout ce qui est banal n’a plus sa place. L’argent, notamment, devient une petite chose sans importance, complétement dérisoire, car on ne pense même plus à lui dans un tel contexte. C’est une question de priorité. Quand on a une vieille voiture, ce sont d’autres choses qui comptent dans la vie : la brise, la tempête fraîche, les rayons de soleil, les rideaux blancs translucides et le copilote barbu à mes côtés. Il est là, mais c’est moi qui conduit.

Le monde change drastiquement. Si on a la grâce, le cadeau des cieux ou la bénédiction divine, si vous voulez, de se balader dans une bagnole issue du passé, on n’a qu’à s’éclater pour que tout aille bien. On a tout à fait le droit de se faire plaisir quand on a une vieille voiture. D’un commun mortel on passe à l’héritier des temps dorés. On devient une ode à la nostalgie en forme humaine.

Quand on a une vieille voiture, on fait des roads trips. Faire un road trip est une dérivation naturelle du fait de posséder une vieille voiture. On se lève un beau matin, le ciel dégagé et voilà. On est dans le sud-ouest des États-Unis, entre l’Arizona et la Californie, on porte une veste en cuir bien usagée et on prend la direction du désert de Mojave, en mode sauvage et libre.

Une fois rompue la barrière du temps, alors, rompre la barrière de l’espace n’est qu’une question d’audace. Les vieilles voitures sont pour le sud-ouest américain comme les Vespa sont pour les ruelles romaines. Une histoire d’amour.

Quand on a une vieille voiture, on écoute n’importe quelle chanson à la cornemuse ou au saxophone. Naturellement, on chante et naturellement on a une belle voix. Tout est permis, vous vous souvenez ? On n’a qu’à s’éclater. Toute les destinations sont atteignables. En effet, les destinations sont clairment illustratives, car quand on a une vieille voiture, on est déjà où on veut être. Et on n’a pas d’heure pour rentrer.